Un salon, ce n’est pas “y aller”. C’est tenir deux jours, garder une grosse énergie et rester en mode chasse même quand ton cerveau te crie d’aller te cacher derrière ton téléphone.
Dans cet article, je te donne uniquement du pratico-pratique : ce que tu fais avant et ce que tu appliques pendant. Pas de système, pas de process, pas de post-mortem.
Avant le salon
Tu peux avoir le plus beau stand du monde, si tu arrives déjà crevé, tu auras du mal à tenir sur la durée et maintenir la grosse énergie nécessaire pour aller chasser.
1) Chaussures
Prends des chaussures confortables, déjà portées et qui ne te détruisent pas les pieds. Un salon, c’est beaucoup de station debout, beaucoup de micro-déplacements et la fatigue se cumule vite.
2) Tenue
Soigne-toi, oui. Mais adapte-toi au secteur et au niveau de “formalité” du salon. La bonne tenue, c’est celle qui te rend crédible sans te faire jouer un personnage.
Et pense à un détail que tout le monde découvre trop tard : parfois il y a des apéros/soirées. Prévois une variante simple (veste, chemise, chaussures) qui te permet de basculer sans te changer entièrement.
3) Kit minimal
- Un carnet avec assez de pages vides
- Deux stylos (pas “un stylo... ah zut il ne marche plus”
- De l’eau car tu vas parler et ta voix va morfler
Tu n’as pas besoin de partir en mission commando. Tu as juste besoin de ne pas te retrouver à mendier un stylo ou à chercher de l’eau au pire moment.
4) Brief commercial
Tu apprends à l’avance ton brief, au point de pouvoir le réciter même si tu n’as dormi que 5 heures :
- Qui on chasse
- Ce qu’on vend
- Comment on disqualifie brutalement
- Ce qu’on veut à la fin (la prochaine étape)
Le but n’est pas de faire joli. Le but, c’est d’être automatique quand tu dois parler en 3 secondes, dans le bruit, avec des inconnus.
5) Nourriture
Si tu peux, achète ton déjeuner le matin avant d’arriver. Tu gagnes un temps fou, tu évites la queue avec tout le monde et tu protèges ton énergie. Ton midi doit être un arrêt technique, pas une expédition.
A moins que tu n'aies des déjeuners d'affaires prévus avec des clients, une trentaine de minutes suffisent sur le stand. Pense au fait qu'il y a toujours du business à faire quand les allées sont vides, car il y a toujours des prospects qui profitent des temps calmes pour flâner.
6) Transport
Le meilleur hack logistique, c’est souvent le plus simple : être à deux pas du salon. Oui, ça coûte plus cher en frais d'hébergement, mais tu achètes de la ponctualité, du calme et du carburant mental. J'ai déjà fait un salon à Porte de Versailles où j'étais logé rive-droite, que du bonheur de se fader 45 minutes sur la ligne 12 juste pour arriver...
7) Arriver en avance (vraiment)
Tu arrives un peu en avance pour vérifier que le stand est bon. Tu salues les voisins. Et tu prends 2 minutes pour “lire la salle” : où ça circule, où ça stagne, où ça s’accélère. Arriver pile à l’heure, c’est souvent arriver déjà en dette d’énergie.
Pendant le salon
Le salon se joue sur deux choses : ton niveau d’énergie et ta capacité à ne pas te réfugier (téléphone, papotage, “je range des trucs”).
1) Focus
On va être honnête : quand tu es fatigué ou gêné, ton cerveau cherche une cachette. La cachette numéro 1, c’est le téléphone. La cachette numéro 2, c’est de papoter avec les collègues.
Tu peux rigoler, écouter les autres, souffler. Mais tu restes en mode “session de cold calling” : tu es là pour chasser, pas pour te distraire.
2) Règle des 3 secondes
Aborder en salon c'est comme aborder un inconnu dans un bar ou dans la rue... sauf que c'est beaucoup plus facile. Ici, on reprend la même idée : tu n’attends pas d’avoir la meilleure phrase, tu observes ta cible, tu t'avances vers elle, tu parles. En 3 secondes.
Pourquoi ? Parce que tes accroches sont apprises à l’avance donc tu n’as rien à inventer. Tu as juste à déclencher. Si tu attends plus de 3 secondes, tu vas te mettre à réfléchir, ça va paralyser ton naturel, tu vas avoir peur, etc.
3) Gérer la gêne
La gêne est normale. Elle ne disparaît pas parce que tu te dis “il faut être à l’aise”. Elle diminue parce que tu enchaînes. Voici deux phrases simples qui aident :
- “Salut, vous nous connaissez ?”
- “Ne cherchez plus, on est là !”
Tu n’es pas en train de “forcer”. Tu proposes. Et tu te respectes.
4) Maintenir une grosse énergie (sans faire semblant)
Une grosse énergie, ce n’est pas parler fort. C’est être présent, ouvert, stable et constant.
- Hydrate-toi régulièrement (petites gorgées, souvent)
- Tiens-toi debout “comme quelqu’un qui a envie d’être là” (ça change aussi ton état interne)
- Fais des micro-pauses courtes mais réelles : 2 minutes dehors, 10 respirations, et tu reviens
Le piège, c’est de faire une pause qui n’en est pas une (scroller, se plaindre, ruminer). Ça te prend du temps sans te recharger.
5) Récupérer... ou enchaîner
Après un refus, tu peux prendre une courte pause : une gorgée d’eau, un sourire, tu te remets dans le flux. Naturel, rapide, sans drama.
Après une victoire (un profil A, un RDV posé), parfois mieux vaut enchaîner une ou deux approches pendant que ton énergie est haute. L’erreur, c’est de casser ton momentum juste parce que “j’ai fini une conversation”. Non : tu viens de gagner. Utilise cette victoire pour en trouver d'autres.
6) Pauses avec l’équipe
Vous vous organisez pour les pauses pendant le brief du matin : qui sort, quand et comment. Le but est d'éviter que le stand se vide au mauvais moment. Ça n’a pas besoin d’être une usine à gaz. Ça a juste besoin d’exister.
Rappel final
Tu veux faire acte de présence ? Parfait : arrive à l’arrache, improvise ton brief, fais la queue à midi, scrolle entre deux passages… et appelle ça “un salon compliqué”.
Mais si ton objectif sur un salon c’est d’être bon : sois prêt avant, présent pendant, et capable d’enchaîner même quand c’est inconfortable.
Parce que soyons clairs : un salon, ce n’est pas un événement, c’est une session de prospection debout. Et comme toute session de prospection, tu ne gagnes pas avec des intentions, tu gagnes avec de la préparation.
Donc pointe-toi avec des chaussures qui ne te trahissent pas, de l’eau pour retrouver de la voix entre deux échanges et un brief appris par cœur parce que, dans le bruit et la fatigue, tu n’as pas le luxe de réfléchir 100 fois.
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